lundi 11 janvier 2010
Craven A.
Je regardais le vent danser dans ses long cheveux noirs. Je n'en revenais toujours pas. Je l'avais pour moi. Sa peau, ses lèvres, tout ça rien que pour moi. J'étais heureux. Dans ses grands yeux gris, on pouvait lire la souffrance d'une vie. Je la regardais se tenir debout sur le balcon, regardant Paris. De là, on pouvait voir la Tour Eiffel. Elle regardait cette étrange construction avec mélancolie. Elle se tourna vers moi. Ses lèvres pourpre articulèrent un ou deux mots dont je ne perçu pas le sens. Elle approcha. Je la pris dans mes bras. Les effluves de son parfum me firent tourner la tête. «In love Again» d'Yves Saint Laurent, pourtant introuvable depuis des années. Elle était vêtu d'un soutient-gorge en satin noir, une culotte assortit, des bas de soies blancs et un porte jartelle en dentelle blanc. Un spasme secoua son maigre corps. Elle pleurait. Je pris son visage dans mes mains et l'approcha du mien. Nous sommes resté dans cette position plusieurs minutes. Nez contre Nez, sans mots dire. Peu à peu les larmes cessèrent et un timide sourire s'empara de sa bouche. L'espace d'un instant, la tristesse de son regard s'évanouit. Je passai la main dans ses beaux cheveux. Ils lui tombaient dans le creux des reins. Elle était belle. Magnifiquement belle. Et elle était mienne. J'avais déjà presque oublié la nuit précédente, passée à faire la tourné des bars à sa recherche. J'avais fini par la retrouver au pied de la Tour, ses yeux étaient vides et une seringue trainait à ses pieds. Je l'avais ramenée à l'hôtel et l'avais nettoyée. Mais maintenant l'aube était levée. Les timides rayons du soleil commençaient à réchauffer la pièce. Je l'aimais. Sa peau pale, ses yeux gris, sa bouche pourpre, ses cheveux noirs, ses jambes, son nez, ses seins, son sexe, ses pieds, ses mains, son ventre, ses fesses, sa voix, son regard triste. Tout, j'aimais absolument tout chez elle. Je sorti de l'habituel transe que son parfum exerçait sur moi. Elle me parlait. Sa voix était un souffle un peu rauque. Ses lèvres n'articulaient qu'une seule et unique phrase qu'elle répétait en boucle. «Je t'aime.». Elles effleurèrent les miennes. Elle me rendait fou d'amour. Et je savais qu'elle m'aimait aussi. Elle alluma une cigarette. Craven A. Son regard chercha le mien pour me demander mon briquet. Je sorti mon zippo alluma sa clope et fis de même pour moi. Sa frêle silhouette retourna près du balcon. Je la suivit et caressa ses tatouages. Ces deux sortes de F qui imitaient ceux de mon violoncelle. Elle se retourna et toucha le mien du bout des doigts, une succession de lettre derrière mon oreille : son nom. Elle sourit encore une fois et me redit qu'elle m'aimait. Je m'approchai de son visage et lui dis aussi. Un véritable sourire s'étira sur ses lèvres. Je la soulevai du sol et la posai sur le lit. Mes doigts parcouraient son corps pour lui faire des chatouilles, elle riait aux éclats comme une enfant. Soudain son rire cessa. Je levai la tête et suivis son regard. Elle contemplait la fenêtre avec émerveillement. Dehors, des milliers de flocons tombaient du ciel. Nous restâmes à regarder la fenêtre toute la journée. Emmitouflés dans une couverture, collé l'un contre l'autre, à fumer nos Craven A. Enfermés dans notre cocon. Loin de tout et pourtant si près.
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Admiration, Perfection .
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